“Les endroits où on s’occupe vraiment de l’intelligence collective sont rares, et pourtant c’est l’avenir.” – une jeune alternante.

En ce début d’année, dernière journée d’une formation avancée sur les Liberating Structures à l’Urssaf Caisse Nationale. Un groupe de facilitateurs et facilitatrices qui pratiquent ces formats depuis des années, venus pour prendre de la hauteur, s’approprier les méthodes au-delà de leur application, apprendre à faire confiance à leur intuition.
Au moment des mots de la fin, une jeune alternante prend la parole. Elle va partir. Elle dit que c’est rare qu’on s’occupe à ce point de l’intelligence collective. Qu’elle espère retrouver un environnement professionnel où ce sera aussi le cas. Qu’elle pense que c’est l’avenir.
Ça m’a touché.
Ce ton simple, cette authenticité que j’ai ressenti. Et surtout cette phrase : « c’est rare ».
« Rare. »
Ce mot est à la fois une alerte et une promesse. Une alerte parce qu’il dit quelque chose de l’état actuel du monde du travail : l’intelligence collective n’y est pas centrale. Une promesse parce qu’il y a du chemin à parcourir, donc un potentiel immense.
Ce que nous faisons au quotidien avec Dorothée, c’est donner la parole aux groupes. Les aider à puiser dans leurs savoirs, leur sagesse. Casser les habitudes pour explorer des façons plus collectives et plus riches de faire. Et aider les managers à développer cet art du faire ensemble.
Et chaque fois, nous le vérifions : un collectif est plus proche de ce qui est juste et fructueux que la pensée individuelle, même issue de personnes brillantes.
Dans cette journée de formation, j’ai laissé le groupe exprimer ses besoins et concevoir lui-même le déroulé pour profiter au mieux de ce dernier temps ensemble. Ils ont revisité une réunion très importante pour eux en questionnant le sens. C’était exactement ce qu’il fallait faire.
𝗤𝘂𝗮𝗻𝗱 𝗷𝗲 𝘀𝗲𝗻𝘀 𝘂𝗻 𝗳𝗹𝗼𝘂, 𝗷𝗲 𝗾𝘂𝗲𝘀𝘁𝗶𝗼𝗻𝗻𝗲 𝗹𝗲 𝗴𝗿𝗼𝘂𝗽𝗲. 𝗝’𝗮𝗶 𝘁𝗼𝘂𝗷𝗼𝘂𝗿𝘀 𝘂𝗻𝗲 𝗿é𝗽𝗼𝗻𝘀𝗲 𝗷𝘂𝘀𝘁𝗲.
On le sait scientifiquement : un groupe chante toujours juste. Si on demande à un groupe d’estimer la hauteur de la tour Montparnasse, la médiane des réponses sera très proche de la réalité.
𝗟𝗮 𝘀𝗮𝗴𝗲𝘀𝘀𝗲 𝗱𝘂 𝗰𝗼𝗹𝗹𝗲𝗰𝘁𝗶𝗳 𝗻’𝗲𝘀𝘁 𝗽𝗮𝘀 𝘂𝗻 𝗰𝗼𝗻𝗰𝗲𝗽𝘁 𝗽𝗼é𝘁𝗶𝗾𝘂𝗲. 𝗖’𝗲𝘀𝘁 𝘂𝗻𝗲 𝗿é𝗮𝗹𝗶𝘁é 𝗺𝗲𝘀𝘂𝗿𝗮𝗯𝗹𝗲.
Bien sûr, il y a des conditions, “faire équipe est un art”, c’est notre devise notre mission est de nourrir et partager cet art.
Je crois que c’est l’avenir du monde. Parce que nous avons besoin de prendre des décisions justes qui mobilisent toutes les énergies, au-delà de nos différences et de nos intérêts individuels. Pour notre avenir et celui de nos enfants.
Cette alternante, elle a une vingtaine d’années. Quand elle parle avec le cœur de l’intelligence collective comme d’un avenir souhaitable, je me dis qu’il y aura des personnes dans sa génération pour reprendre ce flambeau.
L’avenir, c’est elle.